Col du sommeiller

· par Fabrice

Le Sommeiller en Fantic 500 Caballero Rally

Col du Sommeiller : une montée qui se mérite

Il y a des pistes que l'on regarde longtemps sur une carte ou sur une trace GPS, et le col du Sommeiller en fait partie. Cette ancienne route militaire italienne, au départ de Bardonecchia et de la vallée de Rochemolles, grimpe jusqu'à plus de 3 000 mètres d'altitude. Une destination mythique pour les amateurs de trail, de haute montagne et de pistes alpines.

J'ai effectué la montée avec ma Fantic Caballero 500 Rally. Dès le départ, l'itinéraire met dans l'ambiance : on quitte progressivement la vallée, on passe par Rochemolles puis on remonte vers le barrage et le lac. La piste est large par endroits, assez roulante au début, avec un décor alpin déjà superbe. C'est le genre de montée où l'on prend vite de l'altitude sans nécessairement réaliser à quel point le terrain va changer.

Le passage par le refuge Scarfiotti marque vraiment une transition. Jusqu'ici, la piste reste accessible à un trail bien chaussé, à condition de rouler calmement et de garder une marge. Après le refuge, en revanche, le Sommeiller montre un autre visage.

La montée devient nettement plus cassante. Les lacets se resserrent, les pierres grossissent, le sol se dégrade et les trajectoires deviennent beaucoup plus importantes que la vitesse. Sur les derniers kilomètres, j'ai fini par rouler presque en mode trial, principalement en première ou en deuxième. Ce n'est plus une piste sur laquelle on enroule : il faut choisir ses appuis, conserver de l'élan là où c'est nécessaire, éviter les gros chocs et rester concentré sur la roue avant comme sur l'équilibre général de la moto.

La Caballero Rally s'en est très bien sortie. Son format reste relativement léger et ludique, ce qui aide beaucoup dans les épingles et les passages prêtés. Mais il ne faut pas sous-estimer le terrain : le dernier tiers exige de la patience, une bonne monte pneumatique et une moto protégée. Ici, le plaisir ne vient pas de la vitesse, mais du fait de progresser proprement dans un décor de plus en plus minéral.

En approchant du sommet, le paysage devient presque irréel. La végétation disparaît, les montagnes prennent une couleur grise et ocre, et l'on se retrouve dans une ambiance de haute altitude très différente de celle du départ. Le col du Sommeiller est à 3 009 mètres, ce qui explique aussi le contraste thermique et les changements de météo possibles entre Bardonecchia et le sommet.

L'arrivée au col est une vraie récompense. Après cette dernière montée lente et technique, on profite d'un panorama superbe et d'une sensation rare : celle d'avoir rejoint un endroit isolé, haut perché, accessible seulement en prenant son temps et en respectant la montagne.

Mon avis
Le col du Sommeiller n'est pas une simple balade tout-terrain. C'est une sortie de montagne complète, avec de beaux paysages, de l'altitude, une piste évolutive et une vraie portion finale technique.

Avec une Fantic Caballero 500 Rally, c'est tout à fait réalisable, mais il faut l'aborder avec humilité :

Pneus réellement adaptés à la piste et aux pierres.

Sabot moteur et protections conseillées.

Peu de bagages, ou des bagages bien arrimés et placés bas.

Départ suffisamment tôt pour ne pas subir la météo ou la circulation.

Rythme tranquille dans la dernière partie, sans chercher à « attaquer ».

Prévoir le demi-tour si la piste est mouillée, fortement ravinée ou trop fréquente.

Pour moi, c'est clairement une piste à faire au moins une fois si l'on roule en trail et que l'on aime les anciennes routes militaires alpines. La première partie est magnifique, le refuge Scarfiotti offre une bonne pause, et la dernière montée apporte ce petit supplément d'engagement qui donne vraiment le sentiment d'avoir mérité le sommet.

Le Sommeiller, c'est une balade qui commence comme une sortie panoramique et qui se termine comme une petite aventure en altitude.