À PROPOS

Quarante ans de chemins,
et une application qui manquait

Xtrails n'est ni une entreprise ni une start-up. C'est le projet d'un rouleur qui n'a jamais vraiment quitté la piste, et qui a fini par écrire l'outil qu'il cherchait.

Ça commence par un Malaguti

Un enduro, à l'adolescence. C'est tout ce qu'il aura fallu. Le hors-piste m'a pris tôt et ne m'a jamais lâché — sont venus ensuite les Fantic, les Honda, les Husqvarna, les Suzuki, et l'envie toujours identique : partir où la route s'arrête.

Ce que je cherche n'a pas changé depuis. Ce n'est pas la performance, c'est ce sentiment particulier qu'on éprouve quand le goudron cède la place à la terre et qu'on ne sait plus exactement ce qu'il y a derrière le prochain virage. Une forme de liberté qui ne se raconte pas très bien.

Le 4x4, et dix ans d'association

En parallèle est venu le tout-terrain à quatre roues, et avec lui une autre dimension : le collectif. J'ai présidé une association pendant dix ans. On y apprend l'organisation d'une sortie, la préparation d'un parcours, la responsabilité qu'on porte pour un groupe — et le fait qu'un itinéraire mal préparé se paie toujours, tôt ou tard.

Le rallye-raid

Puis la chance de rouler en rallye-raid. Un Dakar. Un rallye de l'Orient. Deux rallyes du Maroc. Un raid en Tunisie. Sans compter les road trips.

C'est là qu'on apprend le roadbook. Pas la version romantique : la vraie. Une bande de papier qui défile, des cases, des distances, des tulipes. On ne regarde pas une carte, on suit un compteur et des dessins. Quand ça fonctionne, la navigation devient une évidence. Quand on se trompe d'une case, on peut rouler longtemps avant de le comprendre.

Cette grammaire-là ne s'oublie pas. Elle explique pourquoi le roadbook occupe une place centrale dans MotoTrail, alors que presque aucune application n'en propose.

Une parenthèse, puis le retour

La vie professionnelle m'a éloigné du hors-piste quelques années. Ces choses-là arrivent. Et puis je suis revenu à la moto, avec une idée simple : retrouver le plaisir des road trips off-road entre amis, sans chronomètre ni classement.

Aujourd'hui je roule sur une Kove 450 Rally. Une machine qui va à l'essentiel : assez légère pour se sortir d'un mauvais pas, assez endurante pour enchaîner les kilomètres, et taillée pour ce qu'elle annonce. On y retrouve l'esprit du rallye sans le budget qui va généralement avec.

Quant au terrain, il change à chaque fois. Les Pyrénées, l'Aveyron, le Massif central, les Hautes-Alpes — chaque massif a sa manière de recevoir une moto, et c'est bien ce qui rend l'exercice intéressant. Le prochain projet nous emmène plus loin : le cap Nord d'un côté, la Grèce de l'autre.

Le problème

C'est en préparant ces sorties que le mur est apparu. Aucune application ne faisait ce que je demandais.

Toutes sont conçues pour aller d'un point à un autre efficacement. Elles traitent une piste comme un obstacle à contourner. Or en trail, c'est exactement l'inverse qu'on cherche : le goudron n'est pas le but, c'est ce qu'on essaie d'éviter.

Et aucune ne produisait de roadbook digne de ce nom. On trouvait ça dans du matériel de rallye, à des prix qui n'ont aucun sens pour des sorties entre copains.

Alors je l'ai faite

Ce n'était pas un projet, au départ. Juste un outil pour moi, puis pour le groupe. Il se trouve que je bricole de l'électronique et du code depuis toujours — les deux univers se sont rencontrés.

Le reste est venu par accumulation : le calcul d'itinéraire écrit de zéro avec ses coûts par type de chemin, le générateur de roadbook, les cartes hors ligne, le relief en trois dimensions, puis une seconde application pour la marche et le VTT.

Comment ça marche

Les deux applications téléchargent les chemins depuis OpenStreetMap et calculent l'itinéraire sur votre appareil. Aucun serveur ne décide à votre place : le moteur tourne dans votre navigateur, avec des coûts qui rendent la piste plus attractive que la départementale.

C'est ce choix qui permet tout le reste — le fonctionnement sans réseau, la vitesse une fois la région téléchargée, et le fait que vos traces n'aient aucune raison de quitter votre téléphone.

OpenStreetMap IGN Géoplateforme Leaflet MapLibre Waymarked Trails Wikipédia

Ce que le projet ne fera jamais

Pas de publicité. Pas de revente de données. Pas de traceur. Pas de compte obligatoire pour utiliser les applications.

Les traces restent sur votre appareil tant que vous ne décidez pas de les envoyer. C'est un principe, pas une phase de lancement.

Deux terrains, un même moteur

MotoTrail s'adresse à la moto trail et à l'enduro : cinq niveaux de préférence pour la piste, roadbook de rallye avec tulipes de carrefour, tripmaster, navigation en mode blind, lecture du calculateur moteur par Bluetooth.

Xtrails Rando vise la marche et le VTT : calcul distinct pour chaque activité, reconnaissance des sentiers balisés GR, GRP et PR, et recherche du patrimoine bordant le parcours — châteaux, panoramas, cascades — avec leur notice encyclopédique enregistrée pour être lue sans réseau.

Et ensuite

Le projet avance au rythme des sorties et des remarques. Beaucoup de ce qui existe aujourd'hui vient de quelqu'un qui a dit « ce serait bien si… » — le mode simulation, la bibliothèque de symboles, l'aide contextuelle, le partage de position en direct.

Si vous utilisez ces applications et qu'une chose vous manque ou vous gêne, écrivez-moi. C'est comme ça qu'elles se construisent.

Et si nos routes se croisent quelque part entre un col et une piste forestière, tant mieux.